Lopburi

Nous sommes dans ce bus. Notre attention vacillant entre la ville qui défile tranquillement sous nos yeux et la montée occasionnelle de nouveaux voyageurs aux différents arrêts bordant la route, reliant notre hôtel au vieux Lopburi. Si jusqu’à aujourd’hui j’ai pu ressentir les villes que nous avions traversées comme capricieuses et féminines, Lopburi me fait l’effet d’un vieil homme fou et chétif, enraciné dans sa terre, primitif. Nous sommes loin de son centre. Finalement le chauffeur s’arrête et nous crie de descendre avec gestes. Nous nous exécutons sagement, laissant priorité de passage à la guenon claire et son bébé qui traversent devant nous. Nous nous engouffrons alors à sa suite dans les ruelles sinueuses de la ville, emplies d’odeurs, d’étals colorés, d’hommes, de femmes et de singes, zigzaguant savamment dans ce joyeux brouhaha.

Quelques cris retentissent ça et là, suivis d’une volée de bâtons, lorsque l’un des chimpanzés, ayant réussi à chaparder quelques délicieuses nouilles, s’empresse de les manger effaçant ainsi toute trace de son délit… Et s’élance hors d’atteinte, de par la ville, grâce au réseau de câbles électriques au dessus de nos têtes. Nous marchons ainsi quelques temps le nez en l’air.

Hommes et singes semblent ainsi s’être divisé la ville avec un certain naturel. Les rues envahies de singes, laissent place aux rues envahies d’écolières en uniforme sillonnant la ville. Nous les suivons un moment puis nous nous enfonçons plus profondément jusqu’au fleuve, regarder les pêcheurs. En Thaïlande, tu ne sais jamais exactement ce que chacun fait. Mais chacun y va de ses activités insoupçonnables, donnant aux villes, cet effet de foisonnement ininterrompu. Et Lopburi n’échappe pas à cette règle… Des sons improbables sortent de ces maisons boutiques qui bordent les rues. Nous y voyons des ombres maintenir inlassablement en éveil de vieilles machines noires et usées aux cliquetis étranges et aux fonctions inconnues. Nous y découvrons aussi nos premiers espaces ice coffees aux décors branchés. Une ville délicieusement enigmatique.

3 réflexions sur « Lopburi »

  1. Avec ces magnifiques paysages, après la vie trépidante de Bangkok, c’est tout le charme de la Thailande qui s’offre à vous. Les petits singes facetieux, ajoutent un plus au dépaysement. Merci de pouvoir le vivre à travers les récits, si bien rédigés par Virginie.
    Nous avons bien reçu votre carte et j’envoie ce jour un mail à Makai pour votre séjour à Phnom Penh

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