La légende de Loy Krathong

Ce qui est fascinant dans les croyances Thaïlandaises, c’est la diversité de ses origines: Bouddhiste, Animiste, Chrétienne, Hindouiste… Elles cohabitent les unes aux autres, avec cette volonté optimiste et positive de toujours prendre le meilleur de chacune d’entre elles. Ces notions de partage et de don, de calme, de respect et de gratitude, d’esprits nous accompagnant au quotidien et de Philosophie…

Nous avions vraiment hâte de vivre la magie du Festival des lumières, « Loy Krathong ». Mais on nous avait prévenu, avec le deuil du Roi, le Festival ne serait pas le même, bien plus petit, intime… De plus, Chang Raï n’est pas la ville où il est le plus spectaculaire habituellement. Mais tout cela n’a rien enlevé à notre excitation. Avec la beauté de ce voyage, nous commencions à comprendre que nous nous trouvions là où nous devions être, ni plus ni moins… et nous avions raison, ce fut tout simplement Magnifique.

Mais, reprenons du début : Le « Loy Krathong » ou encore « petit radeaux flottants », a lieu lors de la pleine lune du 12e mois du calendrier Thaï lunaire traditionnel ; ce qui correspond dans le calendrier occidental, généralement au mois de novembre. Les Thaïlandais honorent alors Mae Kongkha,  déesse hindoue des eaux, ainsi que tous les esprits des eaux, qui jouent un rôle significatif dans la vie du pays. Ils implorent le pardon pour la pollution des rivières et des cours d’eau, et demandent la clémence en vue de belles récoltes à venir.
Pour cette occasion, tous fabriquent ou achètent des « krathong » qu’ils laisseront, avec leurs vœux et espoirs pour la nouvelle année, dériver au grès du courant.

Ces petits bateaux, sont confectionnés à partir de feuilles de bananier aux formes évoquant la fleur de lotus, si symbolique dans ce pays:  Prenant racine dans la boue, elle éclot avec grâce, au dessus de l’eau… Une métaphore naturelle de l’Eveil Bouddhique. On y place une bougie allumée, de l’encens, des fleurs, des fois, quelques mèches de cheveux et des bout d’ongles afin d’exorciser les fautes, et ainsi se purifier. D’autres fois encore, quelques piécettes pour attirer la bonne fortune, qui font en générale le bonheur des enfants au petit matin. Ils déposent ces offrandes sur les rivières, les laissant disparaître dans les profondeurs de la nuit… Symbole d’abandon des rancunes, colères et souillures pour repartir neuf. Ils chassent aussi les soucis du quotidien en lâchant dans le ciel des lanternes réputées célestes…

Un événement de joie et de réjouissance, de partage et de renouveau… Ce fût tout simplement INCROYABLE de se retrouver au milieu de toute la ville réunie au bord des eaux, dans cette énergie de pardon, de gratitude et de renaissance. Les mots m’échappent, pour exprimer cette profonde communion, tous les regards tournaient vers ces petites embarcations lumineuses si fragiles, emportant tremblantes, les espoirs et vœux de tout un pays, dans la nuit.